Humeur

La dur réalité du deuil

Cela fait maintenant un peu plus de 3 mois que mon papa s’est éteint. Mais on a toujours la sensation que c’était hier. La douleur, la tristesse sont toujours présents. C’est la dur réalité du deuil.

La dur réalité du deuil
Photo by Carolyn V on Unsplash

Lorsque la mort arrive, peu importe que ce soit d’une mort naturelle, suite à une longue maladie ou qu’elle survienne d’une manière tragique (mort violente), la perte d’un être cher est la chose la plus terrible, la plus triste que l’on ait à vivre dans une vie. On n’est jamais préparé à se retrouver seul du jour au lendemain, mais pour autant on n’a pas le choix. Je vous l’ai un peu expliqué dans l’article « et puis un jour« .

La dur réalité du deuil
Photo by Myonedaylife on Unsplash

Les derniers moments avant la mort

Je suis passée par différents sentiments. Le jour où j’ai appris que mon papa avait peu de chance de s’en sortir et que ma maman ne souhaitait pas que l’on s’acharne à le garder en vie. La première réaction que j’ai eu est de vouloir aller à la chapelle de l’hôpital car j’espérais que la plus petite chance de survie se réalise.

Le soir même vers 20 heures, l’hôpital nous a appelé pour nous prévenir que mon papa ne passerait pas la nuit, qu’il était en train de s’éteindre. Si nous voulions (ma maman, mon frère et moi), nous pouvions venir le voir pour lui dire au revoir. Il nous faut environs 15 minutes pour rejoindre l’hôpital. Pendant le trajet, pas un mots, pas un bruit, les gestes se font machinalement, on ne pense plus. Il fait nuit noir. Je regarde le ciel étoilé. Je prie sans cesse, je prie pour qu’il y ait encore un peu d’espoir. Le temps me paraît une éternité. J’ai peur qu’à notre arrivée il soit trop tard.

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Le parking de l’hôpital est presque vide, nous nous garons devant l’entrée. Il fait un froid polaire, enfin, je pense surtout que je me sens froide de l’intérieure. Comme si je sentais que mon papa était déjà en train de partir.

On prend l’ascenseur, pas un mot, nous sommes perdus dans nos pensées. Premier étage, l’ascenseur s’ouvre. Nous marchons et regardons droit devant nous jusqu’à la chambre de mon papa, la 1501. Je pose mon sac sur la table. Je m’assois, j’ai la tête qui tourne, je ne crois pas à ce qu’il nous arrive. Mon papa a dû mal à respirer, il dort (ou il est dans le coma, je ne sais pas). Je ne me sens pas bien. Je ne veux pas attendre le dernier souffle de mon papa, j’ai si peur. Je prends mon téléphone avec moi, je le tourne dans tous les sens. Mon frère et moi descendons prendre un café dans l’entrée. Les portes sont ouvertes laissant passer le vent, j’ai froid, je tremble. Je me souviens dire à mon frère « il ne peut pas nous laisser, je ne peux pas vivre sans lui ». Mon frère lui tourne en rond. Nous remontons à l’étage, je ne peux pas rentrer dans la chambre, j’ai peur de voir son dernier souffle. Je vais m’asseoir dans le couloir où quelques chaises sont installées. Je ne cesse de regarder le « luminon » qui sonnerait la fin.

La dur réalité du deuil
Photo by Joanna Kosinska on Unsplash

J’entends, les infirmiers parler. L’un d’entre eux demandant s’il faut donner le médicament de 22 heures, et l’autre lui répondant que ce n’est pas la peine. Je réalise vraiment que la fin est proche.

L’infirmier de nuit qui s’occupe de mon papa vient à mes côtés, je suis en larme. J’ai peur. Peur que mon papa souffre, qu’il est mal, qu’il se rende compte que la fin est proche. J’ai l’impression que n’importe quelle réponse qu’il pourrait me dire ne me réconfortera pas. Je ne saurais dire combien de temps on est resté à l’hôpital. Vers les 22 heures, je crois, nous décidons de rentrer nous reposer. Je retourne dans la chambre de mon papa qui a l’air si paisible. Je l’embrasse deux fois sur le front, je pose ma main sur sa main oubliant une seconde qu’en fait il ne le sent pas, et je lui murmure à l’oreille « je t’aime papa ».

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Nous partons le cœur lourd, je reprends mes prières pour qu’un miracle se produise et que mon papa vive. Nous déposons mon frère chez lui, restons un peu. Nous buvons une infusion tous les trois dans son canapé. Nous ne disons rien, perdu dans nos pensées. Ma maman et moi repartons ensuite chez nous. Nous nous mettons en tenue de soirée, j’allume une bougie que je n’éteindrai pas, tout en continuant mes prières. Ma maman part se coucher en laissant son téléphone à ses côtés. Je ne peux pas dormir, je joue sur ma tablette. Je regarde souvent l’heure, comme si j’attendais l’appel nous annonçant ce décès que je ne voulais pas.

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1 h 10 du matin : le téléphone de ma maman sonne. J’accours jusqu’à sa porte. Je m’appuie la tête contre la porte. Maman est calme. Mon papa s’est éteint à 0h50. Je ne réagis pas. Dans la foulée, ma maman appelle mon frère pour lui annoncer. Bizarrement, je ne pleure pas, je suis comme bloquée. Je demande à ma maman de venir dans mon lit, j’ai besoin d’elle. J’ai froid. La bougie est toujours allumée et s’éteindra d’elle même au bout d’un long moment. Tout le reste de la nuit, je n’ai pas dormi, j’ai prié pour que mon papa soit dans la lumière et en paix.

La nuit fut longue. Je me suis complètement « vidée », a tel point que j’ai perdu 2 kilos en moins de 24 heures.

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Photo by Jarl Schmidt on Unsplash

Le premier jours après le décès

Le lendemain matin, mon frère est arrivé vers 6h30 pour que l’on aille tous les trois à l’hôpital chercher les affaires de mon papa et faire les formalités pour déclarer le décès. Je vous passerai les détails de tout ça.

Ce jour là, la météo annonce un épisode cévenol, il pleut des cordes. Une journée triste avec un temps médiocre. Rien pour apaiser la tristesse. On refait le même chemin que la veille. On monte dans l’ascenseur. Premier étage. On marche tout droit en direction de la chambre. Le personnel nous présente leurs condoléances. J’ai peur, je ne veux pas voir le corps sans vie de mon papa, mon frère non plus. Ma maman rentre. Les volets sont baissés, seulement la lumière de la salle de bain est allumée. Même si je ne veux pas, mon regard se porte vers l’intérieur de la chambre, je vois le visage de mon papa. La porte se referme, nous attendons mon frère et moi juste derrière la porte. Une aide soignante rentre à son tour. Les affaires de mon papa avait été soigneusement rangées.

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Je ne pleure pas, mon frère non plus. Mais maman sort effondrée de la chambre. Elle nous donne la valise de mon papa que l’on va déposer dans la voiture. Elle veut rester un moment aux côtés de mon papa pour se recueillir, elle veut lui remettre son alliance à son doigts. Nous avons le cœur lourd. Mon frère et moi redescendons pour prendre un café et nous réchauffer.

Lorsque nous partons, il fait un temps épouvantable, il pleut beaucoup. Assise à l’arrière de la voiture de mon frère, je regarde le ciel gris. A un moment donné, un petit bout de ciel laisse apparaître un coin de ciel bleu et le rayon du soleil. C’est comme si mon papa nous faisait un dernier signe. Cela m’a fait sourire un instant. J’aurai voulu capturer en photo cet instant, mais je préférais en profiter.

 

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Photo by Joshua Rodriguez on Unsplash

Les différents sentiments vécus sont nombreux et sont encore présents aujourd’hui.

  • incompréhension, il est arrivée à l’hôpital un lundi, il est décédé le dimanche. Ce fût tellement rapide. Son état de santé s’est dégradé si vite : POURQUOI !
  • culpabilité de ne pas être assez occupée de lui, même si ma famille me dit sans cesse le contraire. J’aurais pu faire beaucoup plus.
  • peur, peur qu’il aie eu mal, qu’il soit apeuré au moment de « partir » alors que nous n’étions pas à ses côtés à cet instant.
  • doute, oui vous allez me prendre pour une folle, mais durant plusieurs jours, j’ai vraiment pensé qu’on l’avait déclaré mort alors qu’il ne l’était pas et qu’il était enterré vivant.
  • tristesse qui s’intensifie chaque jour de plus en plus
  • oublie, il y a des jours lorsque je mets la table, il m’arrive de mettre sans le faire exprès un couvert à mon papa
  • prise de conscience, je crois que c’est le pire des sentiments, lorsque l’on se rend compte qu’il ne reviendra jamais.
  • peur, aussi, de me dire que son corps va se décomposer au fil du temps.

 

Les petits trucs lorsque l’on vit un deuil.

  • Décorer la tombe

Décorer la tombe de mon papa a pour moi une très grande importance. Je souhaite qu’elle soit toujours fleuri. Malheureusement nous n’avons pas encore le revêtement en marbre, ce qui me désole. Mais c’est extrêmement cher, si vous a connu cela, vous savez de quoi je parle. En attendant, je décore au mieux. Pour la saint Valentin j’y ai déposé un cœur en béton que j’avais trouvé sur Etsy.

 

  • Boîte à souvenirs

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Photo by Roman Kraft on Unsplash

J’ai commencé la boîte à souvenir après le décès de mon papa. J’ai pris une jolie boîte en acier qui lui appartenait. J’y ai transposé tout ce qui concerne l’après. En effet, lorsqu’un membre de la famille décède, on reçoit beaucoup de courriers de sympathie. J’ai également récupéré le ruban qui entouré la gerbe de fleur. Et enfin, j’y ai déposé le faire-part de décès que j’ai réalisé moi-même et l’éloge funèbre que j’ai lu à l’église lors de ses obsèques. Vous pouvez y mettre des photos que vous aimez beaucoup. Chacun est libre de mettre ce qu’il veut dans cette boîte. J’ai déposé la boîte sur sa table de chevet accompagné d’une bougie qui provient de l’église. Elle nous avait été donné lors des obsèques.

 

  • pèle mêle photos

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Les photos ne remplacent pas la personne physique mais avoir des photos de son proche décédé peut aider. Continuer à le regarder dans les yeux à travers la photo peut faire du bien. J’ai la chance d’aimer le scrapbooking. J’ai donc rassemblée des photos de mon papa qui me plaise pour en réaliser un pèle mêle. Je l’installe à l’endroit où je suis le plus souvent à savoir à mon bureau. Je regarde très souvent les photos lorsque j’ai un gros coup de mou.

 

  • faire appel à un professionnel

Au fil des semaines, des mois si on n’arrive pas à remonter la pente, il est nécessaire de voir un professionnel pour évacuer la tristesse. Mon médecin m’a donné le nom d’un psychologue spécialisé dans le deuil. Je n’ai pas encore pris rendez-vous, mais je pense qu’il faudra que je le fasse assez rapidement.

 

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Photo by Jon Tyson on Unsplash

Pour finir, tout ce que je peux vous dire, c’est laisser le temps au temps. Laisser le temps guérir la douleur, la peine, la tristesse.

 

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J’espère que cette article aidera les personnes qui connaissent actuellement un deuil. N’hésitez pas à m’écrire si vous en ressentez le besoin, que vous avez besoin de conseils. J’y répondrai volontiers.

J’ai volontairement poster des photos libre de droit pour certains passages. Car c’est un peu mon jardin secret que je veux garder pour moi et ma famille.

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